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mardi, 29 avril 2008
Un an après...
Un an de Sarkozy. Que peut-on en dire ?
Le 6 mai 2007, les Français élisaient Nicolas Sarkozy Président de la République à l'issue d'une campagne ultra-médiatisée. Avec des slogans qui marquent : "travailler plus pour gagner plus", "la rupture tranquille", "l'ordre juste", il promettait de remettre la France dans le droit chemin, celui du travail, de l'abnégation, du volontarisme.
L'euphorie a duré quelques semaines, grâce notamment à une couverture médiatique parfois dithyrambique. Dès les premiers jours pourtant, certains déchantent : les vacances à bord du Yacht prêté par l'ami milliardaire Bolloré, Sarko faisant son jogging, Sarko passant des vacances aux States…. On aurait dit des épisodes du fameux livre pour enfants "Martine va à la plage", "Martine fait du vélo"…
Pendant ce temps, le nouveau gouvernement se met en place. Bien que d'allure prometteuse, avec des gens de droite, de gauche, des femmes et des hommes, issus d'origines différentes… C'est un gouvernement qui semble plaire et qui est en tout cas, selon les sarkozystes, "à l'image de la France"… Une stratégie de communication, afin de faire mieux passer les réformes, en somme. Depuis un an, un nouveau mot a fait son apparition en politique, un mot tout à fait saugrenu : "bling-bling". "Contre une présidence bling-bling" martèle l'opposition. Alors si on devait donner une définition ce néologisme politique, je le traduirai ainsi : chose, action ou être superficiel(le), superflu(e), sans relief, qui cherche à attirer l'attention, et dont on parle beaucoup pour ne rien dire.Seulement, le drame de la France est que tout le monde est tombé dans le bling-bling. Les uns le commentent, les autres le dénoncent, on brasse du vent...
Quelles sont les premières mesures du nouveau Président ? Le bouclier fiscal, qui favorise, quoi qu'il en dise, les revenus les plus aisés… Puis très vite, il met en place, entre autres une réforme de l'université, des tribunaux, des hôpitaux, la carte militaire. Il met en place une politique d'immigration (Brice Hortefeux se réjouissait fin 2007 d'être au dessus du quota de 25 000 expulsions fixées par Sarkozy pour cette même année…) révoltante, crée une loi sur la rétention vivement critiquée, table sur 3% de croissance, mais celle-ci n'est pas au rendez-vous.
Côté politique étrangère… c'est le fouillis total. A part le projet d'Union méditerranéenne, qui a finalement séduit Bruxelles et ses cordiales relations avec le Royaume-Uni… pas grand chose. Notre Président entretient des relations tendues avec la chancelière allemande Angela Merkel, depuis cette fameuse affaire du traité simplifié. Avec l'accord de Lisbonne, Sarkozy fanfaronne, dit qu'il a sauvé l'Union Européenne… On comprend que la chancelière allemande se soit énervée face à son comportement, elle qui a œuvré de façon remarquable à cette fin, et de manière plus subtile, pendant la présidence de l'UE par l'Allemagne. L'épisode des infirmières bulgares a été vivement critiqué, également (quelle monnaie d'échange ?), et surtout l'Affaire Ingrid Bettencourt, au cours de laquelle il a montré son inexpérience dans ce domaine (appels suppliants au chef des FARCS pour qu'il libère la franco-colombienne..)
Mais revenons en France…
Le Président français, par ses réformes, a mis dans la rue les pêcheurs, les avocats, les étudiants, les magistrats, les professeurs, les ouvriers, les cheminots… On le voit, toutes les classes sociales sont mécontentes, et le font savoir.
Au sein de sa majorité, on est déçu par son attitude, voire irrité. A gauche, on dénonce son attitude, ses projets…
Paradoxalement, bien que de nombreux Français soient mécontents, l'opposition, elle, n'a jamais été aussi faible… Le PS se ridiculise un peu plus chaque jour, le MoDem est au fond du trou… Seul Olivier Besancenot semble tirer son épingle du jeu face au marasme ambiant, vu les scores obtenus par la LCR à la présidentielle puis au municipales, et sa tentative de créer un nouveau parti anticapitaliste.
Alors bien sûr, Sarkozy arrive aussi à faire des choses intéressantes : sa réforme des universités est globalement plutôt intéressante (et a au moins l'avantage d'apporter de nombreux fonds), la réforme des institutions a l'air plutôt équilibrée, il va créer le R.S.A., qui s'annonce prometteur…. Heureusement. ET même s'il ne serre pas à grand chose de tirer un bilan d'une année de présidence, on peut quand même manifester son inquiétude profonde.. La France est en déficit depuis 1974, et Sarkozy continue de nous faire croire qu'il arrivera à le combler… il n'y a que lui qui semble y croire. Aussi, autre question : qu'est-ce qui a changé pour les classes populaires depuis qu'il est au pouvoir ? Et pour les classes moyennes ? Gagnent-ils mieux leur vie ?
"Travailler plus pour gagner plus" disait-il… les gens n'y croient plus. Le mythe Sarkozy est vite tombé (mais y en a-t-il eu déjà un ?)…
Finalement, c'est une année bien morose… Prisonnier de l'image qu'il a crée durant la campagne de mai 2007, celle d'un homme touche à tout qui réussit, qui gagne toujours, qui va de l'avant, prisonnier des promesses électorales qu'il a faîtes, Monsieur Sarkozy déchante… et ça ne fait que commencer. Quatre ans, c'est long.
16:43 Publié dans En France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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