vendredi, 06 juin 2008
Yes, he can !
C'est fait, Barack Hussein Obama est le candidat du parti démocrate pour l'élection présidentielle de novembre 2008. Hilary Clinton a reconnu sa défaite jeudi 5 juin, après une bataille électorale acharnée. Obama, simple outsider il y a encore quelques mois, alors largement distancé par sa rivale, a réussi à renverser la vapeur. Cette annonce, attendue, tant le sénateur de l'Illinois avait une avance confortable depuis quelques semaines, est un fait historique dans l'histoire des Etats-Unis d'Amérique. Il est en effet le premier noir à avoir de réelles chances de devenir Président. Obama est un symbole. Agé de 46 ans, intelligent, charismatique, il incarne l'image du changement, celui d'une Amérique nouvelle, plus humble, plus ouverte sur le monde.

Désormais opposé au candidat républicain Mc Cain dans la conquête de la White House, un nouveau bras de fer débute. Deux visions du monde totalement différentes s'opposent. L'un, Mc Cain, s'inscrit – bien qu'il tente de s'en démarquer – dans la continuité de la politique menée par Georges W. Bush. Ultra libéral, il souhaite poursuivre les deux guerres et tient un discours sur les solutions pour lutter contre le terrorisme similaire à W. . La perspective d'une élection de Mc Cain serait une catastrophe. Les tensions internationales s'accentueraient sans doute, la politique d'immigration resterait toujours aussi chaotique. Le sénateur Mc Cain a 72 ans, il cherchera à séduire les électeurs américains en mettant en avant son expérience du terrain, celui de la guerre et de la politique, face à ce "jeunot" démocrate.
Naturellement, Obama ne dispose pas des mêmes atouts. Cet intellectuel, diplômé à Harvard, ce métis africain-américain, a un charisme, une fraîcheur qui peut être un plus face au vétéran républicain. Obama ne laisse pas indifférent. Brillant orateur, il incarne l'Amérique unie, sans frontières raciales, l'Amérique qui se respecte. Mais, il serait trop aisé de ne faire de M. Obama qu' un symbole. Obama, bien-sûr, a des faiblesses. Homme nouveau dans le paysage politique, il doit démontrer à présent qu'il a les capacités de devenir un véritable homme d'Etat.
Si beaucoup d'électeurs américains sont séduis par Obama, il est intéressant de noter que la majorité des personnes aux revenus modestes ayant voté au primaires démocrates se sont tournée vers H. Clinton, qui rassurait par son expérience cet électorat aux fins de mois difficiles. Le candidat démocrate va devoir donc s'employer à les séduire, d'autant que Mc Cain jouera sa carte en partie là-dessus (l'expérience).
Au delà de la guerre d'Irak, de la guerre d'Afghanistan, de la santé ou du réchauffement climatique, la question de l'économie paraît aujourd'hui primordiale et pèsera fort dans la balance.
Vous l'avez compris, je souhaite que Barack Obama devienne président des Etats-Unis. Je crois que c'est la première fois depuis bien longtemps qu'un homme politique représente avec une telle force la notion, si mince soit-elle, d'espoir. Espoir, c'est un mot, quand on y pense, qui s'accorde souvent mal avec la politique. Obama n'est pour l'instant qu'une image, une belle image. J'espère que ça n'est pas un mirage, et que derrière l'image, aussi belle soit-elle, se cache un réel "marchand de rêves". Cette expression a été utilisée par Mme Clinton afin de souligner le manque d'expérience de son rival. Habile, Obama a repris l'attaque à son compte : "Et bien oui, je suis un marchand de rêves !".
"Je suis le fils d'un homme noir du Kenya et d'une femme blanche du Kansas. J'ai été élevé en partie par un grand-père blanc qui, après avoir survécu à la Grande Dépression, servit sous les ordres de Patton durant la seconde guerre mondiale, et par une grand-mère blanche qui travaillait sur une chaîne de montage de bombardiers à Fort Leavenworth pendant qu'il combattait outre-mer. J'ai étudié dans certaines des meilleures écoles d'Amérique et vécu dans l'un des pays les plus pauvres du monde. Je suis marié à une Américaine noire qui a en elle du sang d'esclave et du sang de propriétaires d'esclaves – un héritage que nous transmettons à nos deux filles adorées. J'ai des frères, des sœurs, des nièces, des neveux, des oncles et des cousins de toute race et de toute couleur de peau, dispersés sur trois continents, et jusqu'à mon dernier jour je n'oublierai jamais que mon histoire n'aurait été possible dans aucun autre pays du monde.
C'est une histoire qui ne fait pas de moi le plus conventionnel des candidats, mais c'est une histoire qui a, de façon indélébile, imprimé dans mes gènes l'idée que ce pays représente plus que la somme de ses parties, que nous tous qui le composons, nous ne formons, en réalité, qu'un."
(Extrait du discours de Philadelphie de Barcack Obama sur la question raciale, le 18 mars 2008. Pour lire la suite : http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/...)
http://fr.youtube.com/watch?v=pWe7wTVbLUU&feature=rel...
Et aussi : le programme des candidats : http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41-0@2-8292...
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